20 Mar 2012
20,mars, 2012

Le roller derby

Discipline à la une

Le roller derby, un concentré d’esprit sportif, de dynamisme et une touche d’excentricité …

Pour ce second numéro, l’AISF vous emmène à la découverte d’une discipline méconnue mais qui fait  de plus en plus d’adeptes : le roller derby. Pour partager avec vous ces sensations nouvelles, nous avons enfilé les patins pour une séance d’initiation en compagnie de pratiquantes acharnées.

Allez, on vous emmène…

Premières impressions

A peine arrivées, nous sommes tout de suite mises dans le bain ! Notre photographe est un homme… et ça tombe bien qu’il ne soit là que pour ça car le roller derby, c’est une affaire de filles !

L’habillage prend un peu de temps : enfilage des patins et, surtout, des protections – casque, coudières, genouillères, protège-poignets et même, pour certaines, protège-dents. On se lève, pas trop sûre… c’est que nous n’avions pas ressorti nos patins à roulettes depuis l’adolescence et que tout cet attirail est pour le moins impressionnant.

Et pourtant, c’est qu’elles ont du style nos hôtes ! Mini-short ou culotte, bas nylon surmontés de chaussettes hautes, t-shirt aux couleurs de l’équipe, roulettes choisies avec la plus grande attention, aucun détail n’est laissé au hasard.

La capitaine Clémentine, alias Angry Mimi, siffle le début de l’entraînement. C’est parti pour quelques tours d’échauffement. Les premiers mouvements sont hésitants mais rapidement, on prend confiance. Il faut croire que l’adage vaut également pour le patin… ça ne s’oublie pas ! Oui, enfin, c’était sans compter sur l’apprentissage des minimum skills, les compétences obligatoires à remplir avant de pouvoir participer à un match. En effet, il faut de la technique ! Et pour acquérir la technique, quoi de mieux que l’entraînement. C’est alors que Fanny, alias Psycho Peach, l’entraîneuse des débutantes – dites fresh meats en jargon, nous prend dans son sillage. Son premier conseil : « Apprends à bien tomber, c’est-à-dire vers l’avant. Ça te permettra d’éviter de te casser le coccyx… ». Ça rassure ! On commence par la posture de la patineuse, les foulées, les changements de sens et les squats. Jusque là, on gère. Arrivent ensuite les demi-tours genou, t-stop, chasse-neige, glissade sur deux genoux, déplacements en groupes et sauts en tous genres… et c’est là que nous prenons conscience de l’utilité des protections. La vitesse et l’endurance comptent aussi parmi les éléments importants… ces éléments dont Angry Mimi et Psycho Peach n’hésitent pas à user et abuser.

Arrive ensuite le travail du blocage… et des chutes. Les filles travaillent par groupe de trois. Les deux défenseuses (bloqueuses) tentent d’empêcher l’attaquante (jammeuse) de les dépasser en l’empêchant d’accélérer ou de se déplacer dans le pack, en la faisant sortir de la zone de jeu ou en la mettant à terre. De la plus jeune (10 ans) à l’aînée (une trentaine d’années), chacune s’y met… sauf nous ! Une once de lâcheté peut-être ? Que nenni… C’est que c’est physique comme discipline.

Psychologiquement, ces nanas, c’est le jour et la nuit. Fanny par exemple est une maman au foyer plutôt calme qui vient se défouler une fois par semaine. C’est elle qui le dit : « Quand je suis sur mes patins, je ne me reconnais plus. Je me découvre même une animosité que je n’imaginais pas.» L’expression « on y goûte, on ne s’arrête plus » prend ici tout son sens.

Qu’elles soient étudiantes, travailleuses ou mères au foyer, les Holy Wheels Menace from Liège nous ont fait découvrir un sport sympa, physique et « artistique » (dans les chutes !) accessible à toutes. Ici, pas de limite. Ni âge. Ni taille. Ni poids. Certes, une bonne condition physique est nécessaire pour pouvoir, en tout cas, participer aux matchs, mais avec un tel encadrement, nul doute qu’elle s’acquiert très vite.

Quelques notions de règlement

Deux équipes de filles en roller se poursuivent sur une piste ovale.

Chaque équipe comprend cinq joueuses : trois bloqueuses et une joueuse pivot qui constituent le pack, et une attaquante, appelée jammeuse.

Chaque jammeuse doit se faufiler (aidée par ses bloqueuses) au travers du pack adverse et le doubler un maximum de fois en évitant de se faire sortir à coups d’épaules et de hanches… et sans faire de faute.

A chaque fois qu’une jammeuse double en prenant un tour à une adversaire, elle marque un point pour son équipe. L’équipe ayant le plus de points gagne le match.

Les jammeuses ne marquent pas de point pour leur premier passage dans le pack. Cependant, la première à franchir le pack dans les règles obtient le statut de lead jammeuse. Avantage important s’il en est puisqu’il permet à la patineuse qui le détient de demander la fin du jam lorsqu’elle le souhaite en tapant plusieurs fois sur ses hanches avec ses mains.

Les bloqueuses, quant à elles, doivent empêcher la jammeuse adverse de les doubler tout  en facilitant le passage à travers le pack de leur jammeuse. Pour cela, les blocages sont autorisés mais strictement réglementés. Oubliez les coups de coudes ou de genou ! En effet, les coups ne peuvent être portés qu’avec les parties du corps situées entre les épaules et les mi-cuisses, à l’exception des coudes, des avant-bras et des mains. Pas question non plus de frapper une adversaire en dessous des mi-cuisses, au dessus des épaules et dans le dos. Et pour celles qui ne respecteraient pas ces règles, l’exclusion est immédiate, direction le penalty box, la prison.

Les règles d’application dans la plupart des ligues de roller derby sont les règles officielles établies par la WFTDA (Women’s Flat Track Derby Association).

Les nombreux arbitres en patins et officiels sans patins nécessaires au déroulement d’un match sont garants du respect de ces règles strictes et de l’application des pénalités. Parmi eux, on compte minimum 3 et maximum 7 arbitres en patins (arbitres de jammeuses et arbitres de pack) et minimum 7 officiels sans patins (marqueurs, compteurs de pénalités, officiels de chronométrage des pénalités, officiel de table de marque, chronométreur de Jam).

Terrain, matériel et temps de jeu.

Le jeu se déroule sur une piste ovale d’environ 26 mètres sur 16 mètres dont la surface est propre, plate et appropriée à la pratique du patin à roulettes (ex. : béton poli ou peint, bois, ou surfaces synthétiques).

Le « kit » de base pour la pratique du roller derby se compose non seulement d’une paire de quads (patins 2 roues avant et 2 roues arrières), mais aussi de protections de qualité pour les genoux, les coudes, les poignets et les dents ainsi qu’un bon casque. Car ne l’oublions pas, le roller derby reste un sport de contact.

Un match se joue en deux mi-temps de 30 minutes. Les mi-temps sont elles-mêmes découpées en sous-périodes (appelées jams) d’une durée maximale de 2 minutes. Entre les jams s’écoule une période de 30 secondes pendant lesquelles les équipes peuvent effectuer des changements de joueuses. Au total, une équipe peut compter jusqu’à 14 joueuses sur une feuille de match.

Un peu d’histoire…

Arrivé sur la planète sport dans les années 30, le roller derby était initialement une course d’endurance sur piste. Ce n’est que quelques années plus tard que Leo Seltzer, le créateur de ce sport, introduira les contacts dans les règles. Ce sport, mixte à l’époque, permet aux joueuses de bénéficier d’une popularité équivalente à celle de leurs partenaires masculins. Pour la première fois dans l’histoire du sport, les filles sont applaudies pour leur endurance, leur agilité et leur énergie.

Pendant des années, l’engouement est complet. Des centaines de ligues voient le jour aux Etats-Unis, où chaque grande ville possède son équipe.

Dans les années 70, le roller derby perdra petit à petit de sa notoriété  pour s’éteindre complètement dans les années 80.

Cependant, en 2001, ce sport refait surface à Austin, au Texas, sous une forme plus moderne et essentiellement féminine, où les contacts sont réels et les règles plus cohérentes et respectées.

Aujourd’hui le roller derby est un sport pratiqué mondialement avec quelques 78 ligues féminines aux États-Unis et près de 300 ligues non-officielles dans le monde.

Preuve de cet engouement, même Hollywood s’est emparé du phénomène ! Ainsi la comédie Bliss sortie en 2009 raconte les aventures d’une adolescente texane qui, lassée des concours de beauté, décide de rejoindre une équipe féminine de roller derby.

Le roller derby en Belgique

Le roller derby a franchi nos frontières il y a bientôt deux ans, au départ en Flandres. Le virus s’est alors étendu à la Région Bruxelloise que les Brussels Derby Pixies ont investi en 2010 et à la Wallonie où l’on compte désormais 4 clubs, les Loopy Babes à Andenne, les Blackland Rockin’ K-Rollers àCharleroi, les Liégeoises des Holy Wheels Menace from Liege et les Namur Roller girls.

A vous de jouer…

En deux heures, les Holy Wheels Menace from Liège nous ont prouvé que le roller derby est loin de l’a-priori « mélange de violence et de jeunes femmes sexy ». Non, c’est bien plus que ça… Un concentré d’esprit sportif, de bonne humeur, de dynamisme, une touche d’excentricité et de hargne… voilà les ingrédients qui font de ce sport et de cette équipe une découverte coup-de-cœur.

Cet article a éveillé votre curiosité ? Vous aussi, vous avez envie de laisser transparaître votre petit côté « guerrière » ?

N’hésitez pas à prendre contact avec ces dynamiques roller-girls. Très « dans le vent », chacune des équipes mentionnées ci-dessus possède sa propre page Facebook où vous glanerez de nombreuses informations sur leurs activités.

Pour plus d’informations, vous pouvez également contacter la Fédération Belge Francophone de Patinage dont dépend ce sport en vogue.

Alors, à bientôt pour un tour de piste… parce que oui, nous aussi, on retenterait bien l’expérience!

Plus d’infos

Fédération Belge Francophone de Patinage
Rue Karel van de Woestijne 79 bte 2
1070 Bruxelles
Tél. : 059/30 06 30
E-mail : michel.panneel@fedepatinage.be
Site web : http://www.fedepatinage.be