A la découverte des profondeurs…

Pour la découverte sportive de ce trimestre, trois membres du staff se sont jetés à l’eau pour vous. C’est munis d’un masque, d’un tuba et de palmes que nous nous sommes immergés pour vous faire découvrir faire découvrir le hockey subaquatique et la nage avec palme.

La nage avec palme

Premières impressions

Agenda du 5 juillet 2012 : 19h00 – Piscine de Nivelles – Club Aquani-Nivelles – Initiation nage avec palmes.

Pour cet essai, j’ai eu l’énorme privilège de partager l’entraînement de Charlotte Six, notre meilleure représentante sur la scène internationale et multiple recordwoman de Belgique, sous l’œil averti de son coach, Dominique André, lui-même ancien athlète de haut niveau de cette discipline. C’est vous dire si le défi était de taille…

Maillot, bonnet, lunettes, en tant qu’ancienne nageuse, je m’aventurais jusque là en terrain connu. J’entame donc la séance par un échauffement en natation classique : quelques longueurs de crawl suivies de quelques longueurs de battement, histoire de bien échauffer les muscles des jambes… ils vont être sollicités ! Dominique André m’invite ensuite à enfiler une paire de petites palmes et m’explique les mouvements de base pour un battement efficace. Je m’exécute. Jusque là, tout va bien…

Vient alors le tuba. Mon pire ennemi lors de cette session d’initiation ! Respirer par la bouche, expirer par le nez, c’est aisément compréhensible… mais finalement moins évident qu’il n’y paraît ! Entre l’eau qui vous rentre dans le nez à la moindre occasion, et dans la bouche si vous ne serrez pas suffisamment l’embout du tuba, maîtriser cet objet concave est une aventure en soi ! Le test de familiarisation avec planche ne fut déjà pas simple. Faut-il dès lors vous expliquer le passage avec palme et sans planche… ? Bref, j’abandonne l’objet de torture.

Dominique André me propose ensuite de tester une monopalme. Avant de me faire enfiler cet imposant matériel, il m’explique la position à adopter dans l’eau : bras tendus devant, la tête enfoncée entre les biceps, le dos bien plat, on étire le tout afin d’obtenir une position de flèche hydrodynamique. Et c’est maintenant que je dois oublier mes acquis de nageuse : pas question de se servir des épaules ! En effet, l’ondulation part du bassin. Elle doit être la plus ample possible afin de faire plier la palme et donner les impulsions nécessaires sur l’eau.

Je me savonne les pieds, histoire d’enfiler la palme plus facilement… et me voilà transformée en petite sirène ! Je me lance et suis attentivement les conseils de mon entraîneur et de ma partenaire d’entraînement du jour. Après quelques longueurs, je gagne en confiance… et en vitesse ! Les jambes souffrent… mais heureusement, pas de signe de crampe, pourtant assez courantes semble-t-il chez les débutants suite à l’extension constante du pied et la résistance de l’eau sur la palme.

Certes, je suis loin des kilomètres parcourus par Charlotte lors de chaque entraînement mais pour un début, c’était pas mal parait-il. Seule l’expérience tuba n’aura pas été très concluante. Mais sachant qu’il faut plus ou moins trois semaines pour se familiariser à son utilisation, je suis quelque peu rassurée sur mon cas ! Et je ne dirais pas non à une nouvelle séance avec ces deux partenaires de choix pour approfondir ma technique…

Matériel et lieu de pratique

La nage avec palme se pratique soit en piscine, soit en milieu naturel (mer, lac, canal,…).

  • En piscine :
    • Surface : 50 m, 100 m, 200 m, 400 m, 800 m, 1500 m et mille marin (1850 m)
    • Surface bi-palme : 50m, 100m et 200m*
    • Apnée : 25 m ou 50 m pour les autres catégories
    • Immersion avec scaphandre : 100 m, 400 m, 800 m
    • Relais : 4 x 100 m, 4 x 200 m en nage en surface
  • En milieu naturel : Pas de limitation de distance.

Outre l’équipement classique pour fréquenter un bassin de natation (maillot, bonnet, lunettes), les outils indispensables du nageur avec palme sont bien évidemment sa paire de palmes et sa monopalme. Cette dernière consiste en une demi lune généralement en fibre de verre, munie de chaussons en caoutchouc. Le prix d’une monopalme peut varier entre 100-130 euros pour une monoplame grand public à 500-600 euros pour une monopalme professionnelle fabriquée sur mesure pour son propriétaire.

Le nageur choisit sa palme en fonction de sa taille mais aussi de la rigidité de la voilure (souple pour nager longtemps et plus dures pour les courses de sprint).

L’autre accessoire indispensable pour le nageur avec palme est le tuba frontal qui permet au nageur de nager en surface tout en conservant une bonne position de la tête.

La nage avec palme en Belgique

Sport à la fois de compétition, reconnu par le CIO en 1986, et de détente, la nage avec palmes se pratique de 7 à 77 ans et fait partie des sports d’endurance.

En Belgique, la nage avec palmes en piscine commence à se développer et les structures se mettent peu à peu en place. A l’étranger par contre, cette discipline occupe déjà une place très importante, tant comme sport de masse que comme sport professionnel.

En Fédération Wallonie-Bruxelles, une dizaine de clubs de plongée proposent la nage avec palmes au sein de sections sportives. Seuls deux clubs francophones en ont fait leur discipline phare : l’Aquani – Nivelles et Liège Grivegnée Monoplame. A eux seuls, ces deux clubs ont en leur sein des athlètes capables de se distinguer au plus haut niveau international, dans des compétitions aussi relevées que les championnats d’Europe et du Monde juniors et seniors.

Cependant, le manque de moyens reste très problématique pour le développement de cette discipline olympique. Les budgets dont bénéficient la Ligue et, par conséquent, les clubs sont en effet très limités. Le manque de reconnaissance rend également la recherche de sponsors très difficile. Aussi, une grande partie des frais de participation aux compétitions, aux stages,… sont souvent supportés par les sportifs eux-mêmes.

L’avis de la sportive

Charlotte SIX, 22 ans, c’est la « Jean-Mi Saive » de la nage avec palmes, soit une véritable star dans sa discipline.

Après huit années de natation classique, elle s’est lancée à 17 ans dans la nage avec palme. Pour devenir, en quelques années à peine, une valeur sûre de la scène internationale. Elle défendra d’ailleurs les couleurs de notre pays lors des prochains Championnats d’Europe qui se tiendront à Lignano (Italie) du 13 au 20 août prochains.

Ce qui lui plait dans la nage avec palmes ? « La sensation de vitesse. Alors qu’un 50m crawl se fait en 23 secondes en nage classique, il se nage en 16 secondes en nage avec palmes. » Et si la natation reste un bagage supplémentaire, les mouvements n’en sont pas moins différents. « En nage avec palme, tout se fait à la force des jambes. Pas possible de compenser la fatigue par des mouvements de bras. »

En 5 ans de pratique, Charlotte arbore un palmarès impressionnant : 15 records de Belgique à son actif, et, rien que sur la saison 2011-2012, 3 podiums en coupe du monde et une 4ème performance mondiale de l’année sur 1500m, sa distance de prédilection et le mérite sportif de la ville de Braine-le-Comte. Ses résultats lui valent aujourd’hui une place dans le top 10 des championnats du monde.

Pour obtenir de tels résultats, Charlotte s’entraîne 2 heures au quotidien et ce 5 jours sur 7. A ces heures en piscine s’ajoutent une séance hebdomadaire de musculation ainsi que des séances de vélo. Grâce à son statut d’Elite sportive à l’UCL, Charlotte bénéficie également des services d’un préparateur sportif, d’un kinésithérapeute, d’un diététicien et d’un suivi médical totalement pris en charge par l’UCL. Elle bénéficie du statut de Sportive d’Elite de la Communauté française.

A côté de ces moments sportifs, Charlotte entamera dès septembre sa dernière année de master en biologie médicale à l’UCL. Bref, un esprit sain dans un corps sain !

Le hockey subaquatique

Les premiers battements de palmes étaient imprécis mais déjà, on pouvait ressentir la sensation agréable de pouvoir se mouvoir sous l’eau en toute décontraction. Une fois la technique de respiration acquise, nous nous somme équipés d’une crosse, d’un gant ainsi que d’un bonnet avec des protections pour les oreilles.

Après 5 minutes dans l’eau à peine, on entrait déjà dans le vif du sujet. Le moniteur, Florent Dubois, nous a alors initié au maintien de la crosse et au maniement du palet. Pousser le palet n’était pas trop problématique, bien qu’il faille tout de même penser à gérer son apnée pour garder suffisamment de souffle. Les difficultés sont apparues lorsque Florent nous a demandé d’effectuer des demi-tours. Par la suite, c’est l’apprentissage du tir qui nous a donné du fil à retordre. Malgré les apparences, il n’est pas simple d’envoyer un palet d’environ 1,4 kilo sous l’eau. Après quelques tentatives, nous sommes tout de même parvenus à envoyer le palais jusqu’à environ un mètre.

Nous étions très satisfaits de cette initiation, mais Florent ne l’entendait pas de cette oreille. Il voulait nous intégrer dans le match qui se déroulait de l’autre coté de la piscine. Il nous a d’abord proposé d’observer le déroulement de la rencontre. On voyait bien que le match opposait 2 équipes de 6 joueurs mais il faut bien admettre que les fondamentaux tactiques nous ont échappés.

Après cette phase d’observation, ce fut à notre tour d’entrer dans l’arène. Bien que le hockey subaquatique soit un sport sans contacts, la vitesse à laquelle les joueurs se déplacent sous l’eau est impressionnante. La vivacité des changements de direction et la dextérité de certains joueurs dans le maniement du palais nous ont également épatés.

En ce qui nous concerne, il faut bien avouer que notre présence n’a pas été d’une grande utilité pour notre équipe. C’est à peine si on est parvenu à toucher le palais ; mais l’expérience était tout de même intéressante.

Quelques règles de base

Un match de hockey subaquatique dure 30 minutes et comporte une mi-temps de 3 minutes. Le but mesure environ 3 mètres de long. Dans la mesure du possible, la surface de jeu minimale est de 300 mètres carrés (la pente doit être de maximum 5%). Le plus souvent l’équipe évolue avec 3 attaquants et 3 défenseurs. Les autres évolutions courantes sont le 1-3-2 et le 2-2-2. Le hockey subaquatique est un sport sans contacts, on ne peut pas pousser l’adversaire avec le bras libre. Seule la crosse peut entrer en contact avec le palet.

Les matchs sont arbitrés par 2 personnes sous l’eau et un arbitre hors de l’eau. Il y a également un chronométreur et un marqueur. Les arbitres utilisent une gestuelle adaptée pour communiquer entre eux et avec les joueurs. Comme au hockey sur glace, on retrouve une prison où les joueurs sont contraints de se rendre pour une durée de 2 minutes lorsqu’ils commettent une pénalité. L’exclusion définitive est également possible en cas de faute grave.

L’avis des joueurs

Les nageurs présents nous ont décrit leur passion pour leur sport. Signalons tout d’abord que le hockey subaquatique est un des rares sports collectifs ou l’on évolue dans les 3 dimensions. Le milieu aquatique apporte une sensation agréable et relaxante. Certains joueurs apprécient aussi le calme des profondeurs. Au niveau relationnel, ce sport développe beaucoup l’esprit d’équipe, l’entraide et la solidarité.

Et chez nous ?

Actuellement, il existe 3 clubs de hockey subaquatique francophone, le BUWH à Bruxelles, l’EPO à Louvain-la-Neuve et le CRASH à Molenbeek. Si la discipline vous intéresse, nous vous conseillons d’entrer en contact avec l’un de ces clubs pour effectuer un premier essai.

Nous encourageons aussi toutes les personnes qui désirent créer un nouveau club ou créer une section hockey dans leur club de natation. L’AISF peut vous aider à effectuer les premières démarches.

A vous de jouer…

Ça y est, nous vous avons donné envie de mouiller votre maillot ?

Que vous souhaitiez taper le palet, enfiler la monopalme ou vous tester à la plongée, n’hésitez pas à prendre contact avec la Ligue francophone des Activités subaquatiques (Lifras) dont dépendent toutes ces disciplines.

Alors, à bientôt au bord des bassins !

Plus d’infos

Ligue francophone des Activités subaquatiques ASBL (Lifras)
Commission nage avec palmes – Président : Dominique André
Commission hockey subaquatique – Président : Romain Alderweireldt
Rue Jules Broeren, 38
1070 Bruxelles
Tel : 02/521.70.21
E-mail: lifras@lifras.be
Site web : http://www.lifras.be